Eglise de Saint-Brancher

De Parvis de Bourgogne
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Église Saint-Brancher (saint Pancrace)
Présentation
Paroisse
Ville Saint-Brancher
Visitée le Journée d'étude du 12 mai 2012
Architecture
Type d'édifice église
Début de la construction
Fin des travaux XIXe s.
Style(s) dominant(s)
Commentaires
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Présentation

Le village de Saint-Brancher se compose du bourg éponyme et de plusieurs hameaux (Saint-Aubin, Villiers-Nonnains, Moulin-Jaillard, Auxon, Moulin de Pont-Riot, Moulin de Sully). Il tient son nom du patron de l’église, saint Pancrace, qui s’est transformé au fil du temps pour arriver à la forme de « Brancher » (san Brancaziu en Corse). Les registres de catholicité du XVIIème siècle portent ainsi les mentions : baptisé ou inhumé dans l’église de Saint Pancrace, vulgairement Saint Brancher. Qui est saint Pancrace ? Originaire de Phrygie et converti au Christianisme par le pape Corneille, le jeune Pancrace est décapité à l’âge de 14 ans sous le règne de l’empereur Dioclétien (304) alors qu’il refuse de renier sa foi . Ce saint était déjà vénéré à Autun, siège du diocèse dont faisait partie le sud de l’Avallonnais avant 1789 : on y trouvait ainsi une église paroissiale Saint-Pancrace, annexe de l’église Saint-Jean-de-la-Grotte, qui donnait son nom à un faubourg de la ville.


Si les origines du village de Saint-Brancher ne sont pas encore clairement situées dans le temps, des traces de villae gallo-romaines observées aux XIXe s. semblent témoigner d’une certaine importance de la région et expliquent sans doute l’installation de noyaux de population dans cette partie du Morvan. Au Moyen-Age et à l’époque moderne, plusieurs seigneuries se partagent les terres de Saint-Brancher, comme celles de Saint-Aubin ou de Sully, dont les seigneurs (Jean et Charles de Chalon, René et Césaire de Fresne au XVIIe s.) étaient souvent aussi seigneurs de Beauvilliers. Saint Brancher et ses hameaux dépendait de la justice et de la baronnie de Villarnoult.

Historique

Il n’est pas fait mention de l’église avant le Haut Moyen Age : Quantin, dans son dictionnaire topographique, relève une première mention de l’église en 928 (sancti Pancracii ecclesia), dans le cartulaire de la cathédrale Saint-Vincent de Mâcon. Un peu plus tard, si l’on en croit une inscription encore visible dans l’église au XIXe s., l’édifice aurait été dédicacé par l’évêque d’Autun, Humbert de Bâgé. Au Moyen Age, la collation du bénéfice appartient à l’abbaye Sainte-Marguerite, près de Beaune. L’église jouit des libéralités des seigneurs de Sully et de Villarnoult qui se font inhumer dans le chœur ; au sud de l’édifice, à une date encore mal définie, ils fondent une chapelle dédiée à la Vierge. En face de celle-ci, au nord, une chapelle Sainte-Anne est fondée en 1512 par un dénommé Jean Arhin qui se fait inhumer devant l’autel.

Comme bien d’autres églises, celle de Saint-Brancher subit les injures du temps : elle est notamment touchée par un incendie à une date indéterminée dont les traces sont visibles sur les parties les plus anciennes au XIXe siècle. Dès le début de ce siècle, des travaux de restauration sont entrepris, en particulier à la façade en 1816, où l’on érige un « petit fronton de trois mètres de haut » coiffé d’une « flèche basse couverte en bardeaux ».

Mais c’est à partir du milieu du XIXe siècle que l’édifice connaît une refonte profonde qui conduit assez rapidement à la destruction de l’église médiévale.

Ces travaux de reconstruction sont entrepris en 1856 par le portail et le clocher et sont achevés en 1875 pour donner l’actuelle église néo-gothique. Mais les érudits locaux comme l’abbé Henry, curé-doyen de Quarré-les-Tombes ou Maximilien Quantin ont visité l’église au moment des travaux, respectivement en 1864-65 et en 1866 : ils ont laissé quelques témoignages sur l’édifice antérieur qui nous permettent d’en savoir un peu plus. L’on peut également s’appuyer sur le plan d’alignement de 1862 (voir ci-dessous) qui présente l’édifice avant la fin des travaux et nous livre le seul document iconographique sur l’ancienne église.

Que reste-t-il du bâtiment primitif en 1865 à l’époque où l’abbé Henry visite l’église ? Apparemment les petites fenêtres de la nef (nef de 5,1 m. de haut), la voûte d’ogive du chœur, qualifiée de « basse » (4,7 m.) et « d’un travail peu délicat » et la fenêtre du chevet. Le plan d’alignement de 1862 atteste le plan d’origine formant croix latine, avec un chevet plat, contrairement au plan polygonal du chœur actuel. L’abbé précise en outre que des voûtes en brique commencent à remplacer « les douves et les plafonds de la nef » : sans doute faut-il comprendre à travers ces mots que la nef était couverte d’un berceau lambrissé. Maximilien Quantin parle également de « nef plafonnée et en ruines ».De tels couvrements en bois existaient à proximité dans les églises de Cussy-les-Forges ou de Sainte-Magnance. L’abbé Henry révèle également qu’à la même époque on démolit « Le pignon qui fermait le chœur ne laissant qu’une ouverture à plein cintre, semblable à une porte cochère » : peut-être évoque-t-il ici l’existence d’un mur-diaphragme séparant le chœur et la nef.

D’après Henry, sur ce mur s’adossait un autel dédié à saint Eutrope, premier évêque de Saintes (IIIe s.). Une statue le représentant en habit d’évêque avec une hache dans la main (instrument de son martyre) et une crosse dans l’autre était alors visible dans l’église. Une chapelle (fontaine ?) dédiée à ce saint se dressait également sur les terres de Saint-Aubin, hameau de Saint-Brancher. De son chevet coulait une source qui avait la réputation de guérir la fièvre. Une statue de saint Aubin (évêque d’Angers au VIe s.) se trouvait justement dans l’église de Saint-Brancher : elle y avait été déposée en 1809 après que la chapelle du « bon saint Aubin » avait été détruite par une tempête. Malheureusement, elle aurait été emmenée par le curé de l’époque au départ de ce dernier .

Quant au plan d’alignement de 1862, il permet sans doute de reconnaître les deux chapelles formant les bras de la croix latine : - La chapelle de la vierge due aux seigneurs de Sully et de Villarnoult, les seigneurs de Sully reposant dans le chœur de l’église. - La chapelle Sainte-Anne de 1512, fondée par Jean Arhin, enterré devant l’autel . La baie était décorée d’un vitrail du XVIe s. dont la bordure aurait été enlevée en 1826.

En résumé, avant la construction de l’église néogothique, l’église de Saint-Brancher est un édifice composé d’une nef unique, vraisemblablement couverte par une charpente lambrissée et éclairée par de petites fenêtres. Au bout de la nef, une baie en plein-cintre percée dans un mur donne accès au chœur, voûté d’ogives et daté par M. Quantin du XVe siècle. Il est fermé par un chevet plat percé d’une grande baie important percée d’une baie. Au nord et au sud, deux chapelles forment les bras de la croix latine. Enfin, l’abbé Henry précise que la sacristie a été rebâtie en 1862 par le curé Charles Mathieu : il pourrait s’agir du bâtiment visible au nord-est de l’église sur le plan d’alignement . Les travaux de la nouvelle église conduisent à sa destruction et à l’installation de la nouvelle sacristie au sud.


L’église néo-gothique

Architecture

La nouvelle église, œuvre de l’architecte Baudouin, est dédicacée le 25 mai 1875 par l’abbé Bernard Moreau de la Pierre-Qui-Vire (1816-1886), successeur du Père Muard, en présence du maire M. Duboux et du curé Charles Mathieu, comme en atteste une inscription placée derrière l’autel. Si les dimensions de l’édifice restent modestes, elles n’en offrent pas moins un beau volume : cela est probablement dû à sa nef unique qui s’ouvre sur un transept débordant donnant sur un chœur assez large, l’ensemble étant couvert de croisée d’ogives ce qui confère une grande homogénéité à l’ensemble. • La nef : elle est composée de trois travées délimitées par des colonnes engagées. On peut observer deux niveaux d’élévation : un niveau inférieur totalement nu et aveugle et un niveau supérieur percé de lancettes. • Aux quatre angles de la croisée du transept, des piliers composés permettent de distribuer les différents arcs du voûtement. Eclairé par une baie dans chaque pignon, le large transept (près de 20 mètres du nord au sud) reste très sobre dans sa mise en œuvre. Toutefois la paroi orientale du bras sud témoigne d’un décor d’arcatures trilobées assez élaboré qui intègre l’autel et la statue de la vierge. Si l’on observe de plus près deux de ces arcatures, on remarque qu’elles ont autrefois servi de confessionnaux, le prêtre étant installé de l’autre côté du mur, dans la sacristie. • Le chœur offre une travée droite qui se termine par une abside à trois pans : la travée droite est décorée d’un premier niveau d’arcatures trilobées.

Mobilier

Le mobilier ne semble pas antérieur à la reconstruction de l’église : la statue de la vierge à l’enfant, dans le bras sud, en bois doré, témoigne d’une certaine qualité d’exécution, à la différence de la statue de sainte Anne, dans le bras nord, qui fait partie de ces statues en plâtre produites en série. Les vitraux du chœur représentent le Christ, dans la baie axiale, flanqué des deux saints patrons du lieu, saint Pancrace au nord et saint Aubin au sud. Saint Eutrope semble avoir été délaissé. Les baies du transept sont également décorées de figures saintes : saint Vincent de Paul au nord et la Vierge et saint Joseph au sud. La chaire en pierre, placée au nord de la dernière travée, apparaît comme l’élément le plus remarquable de l’intérieur de l’église : de plan polygonal, elle est décorée sur ses faces des figures des évangélistes entourant le Christ. L’ensemble porte sur une large colonne et se voit couronné par un abat-son surmonté d’une flèche de pierre.


Extérieur

Porche

Intérieur

Annexes

Plan d'accès

 Coordonnées géographiques
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Galerie photos

Sources