Eglise de Provency

De Parvis de Bourgogne
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Église Saint-Symphorien
de Provency
Eglise provency neige.jpg
Présentation
Paroisse Paroisse::Paroisse Notre-Dame de Montréal
Ville Ville::Provency
Visitée le Etude::Journée d'étude du 14 novembre 2015
Architecture
Type d'édifice Type édifice::église
Début de la construction Début ::XVI° siècle
Fin des travaux Fin ::XIX° siècle
Style(s) dominant(s) Style ::Gothique
Commentaires Commentaires ::
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Présentation

Jusqu'à la Révolution, Provency dépendait du diocèse d'Autun. En 1791, la paroisse est rattachée au diocèse de l'Yonne puis en 1801 au diocèse de Troyes. Enfin, en 1822 le diocèse de Sens et Auxerre est créé, correspondant au département de l'Yonne.

L'église était placée sous le patronage du chapitre de Montréal.

L'église de Provency est dédiée à saint_patron::saint Symphorien, fêté le 22 août. C'est un saint originaire d'Autun, ce qui n'est pas surprenant.

Genouilly et Marcilly, étaient de la province de Bourgogne. Provency et Tour-de-Pré étaient de la province d’Ile-de-France.

Historique

Le nom de Provency apparait dans les chartes dès le XII° siècle<ref>http://www.cn-telma.fr/chartae-galliae/charte263181/</ref>, mais on peut penser que la paroisse est plus ancienne, créée sans doute entre le VIII° siècle et le X° siècle.

Nulle trace toutefois d'une église primitive qui aurait pu exister avant le XII° siècle. L'abbé Parat s'interroge sur l'existence de cette église "qui remonterait à Charlemagne, car on a trouvé, sur la place de l'église, des sarcophages".

Les éléments les plus anciens sont ceux de l'église romane du XIII° siècle : le portail et les bases des piliers ronds proches du chœur. La tour-clocher pourrait dater du XV° siècle.

Dans son ensemble, l'édifice est homogène et date de la Renaissance (première moitié du XVI° siècle). L'abbé Parat la compare à l'église de Vault-de-Lugny, "dont elle reproduit fidèlement le style, le beau modelé en moins."

Ses fondateurs seraient des seigneurs de Genouilly et de Provency qui étaient de la même famille : les Sainte Maure, comtes de Joigny, barons de l'Isle-sur-Serein, et les Moisson, leurs parents.

Une visite effectuée par un délégué de l'évêque en 1671 fait état de la présence d'une tribune au dessus de la grande porte et de trois cloches dans le clocher. "Les deux bas côtés ont, près du choeur, une chapelle qui forme les bras de croix ; celle de droite est la chapelle seigneuriale où sont des dalles mortuaires surélevées. La chapelle qui fait l'autre bras de croix au côté gauche est en ruines." Ce qui est certain, c'est que la chapelle gauche ne figure plus sur le plan cadastral de 1834.

Différents travaux sont effectués au XIX° siècle :

  • en 1833 et 1872, réparations des dégâts causés par des orages
  • en 1865 : travaux de restauration à l'église et au presbytère (la date est gravée sur une pierre du clocher)
  • en 1828 : refonte de l'unique cloche, on doit reconstruire la charpente du beffroi, devenue trop étroite.
  • en 1869 : refonte des cloches (1 grosse et 1 petite) par Richebourg-Petifourt, fondeur de cloche à Arbot, canton d'Auberive, Haute-Marne
  • en 1834 : projet de construction d'une flèche sur la tour de l'église, jamais réalisé

Jusqu'en 1911, le cimetière entourait l'église, clos par un muret de pierres sèches. Il a été déplacé à la sortie du village. C'est également à cette époque que le curé Hamelin fait daller l'abside.

Description architecturale

L'extérieur

L'église est un bâtiment massif couvert d'une toiture unique et dominée par une haute tour-clocher à larges contreforts. Le clocher est décentré et surplombe la première travée du collatéral droit. Sur l'un des contreforts figure un curieux cul-de-lampe sculpté.

Une chapelle est bâtie sur le flanc sud, au niveau de la troisième travée. Entre cette chapelle et le clocher s'ouvre une porte basse, avec une mouluration sur bases prismatiques, caractéristique du style Renaissance. Au dessus de la porte, une intéressante rose à motif spiralé, qu'on peut rapprocher de celle de l'église de Saint-Léger-Vauban. Sur le contrefort gauche de la chapelle est scellé un cadran solaire.

Les baies sont de style gothique flamboyant. A la différence de la grande baie qui s'ouvre dans le chevet plat et éclaire le choeur, les sept baies de la nef sont de dimensions modestes.

Le porche

On entre dans l'église par un élégant porche éclairé par trois arcades en plein cintre, ornées de moulures. On peut penser que le porche a été édifié après la façade de l'église, dont il utilise les contreforts. Dans ce cas, la façade serait-elle un vestige de l'église romane, tout comme le portail ?

Le porche était autrefois voûté en pierre, comme en témoignent les culots et les vestiges de nervures. Si le porche a bien été édifié à la Renaissance, on peut toutefois rapprocher son style inspiré du Roman, de celui du cloître du prieuré de Vausse, bâti au début du XIII° siècle et distant d'une vingtaine de km. Le long de la nef, on retrouve les mêmes contreforts surmontés d'un fronton en triangle.

A droite de la porte, une pierre taillée qui pourrait être un bénitier, se trouve à une hauteur inhabituelle.

On pénètre dans l'église par un beau portail du XIII° siècle, vestige de l'église romane. Entouré de colonnes nues avec chapiteaux à crochets et feuilles de chênes, il est surmonté de voussures en plein-cintre et d'un tympan trilobé souligné par une moulure. En 1870, Victor Petit représentait le tympan orné d'un motif d'arabesques qui n'existe plus aujourd'hui. Toutefois, la présence de pigments colorés peuvent laisser penser qu'il était peint autrefois.

L'intérieur

Le plan de l'église consiste en un vaste rectangle de 22 mètres de longueur sur 16 mètres de largeur, auquel viennent s'ajouter le petit porche d'entrée et la chapelle seigneuriale. Avant la destruction de la chapelle gauche, survenue probablement au XVIII° siècle, l'église adoptait donc un plan en croix latine, mais avec des proportions inhabituelles.

En effet, ce qui frappe dès l'entrée, c'est la largeur de l'édifice, avec sa nef centrale et ses deux collatéraux. Parmi un ensemble d'une trentaine d'églises proches, seule la collégiale de Montréal est plus large que Provency. De même, avec une nef haute de 10 mètres, c'est la seconde église la plus haute, toujours après Montréal. Et si l'on considère la superficie, c'est encore la seconde église la plus vaste après Montréal. Par contre, avec ses quatre travées longues de 22 mètres, l'église de Provency n'est que vingtième.

On peut ici risquer une hypothèse : puisque le portail d'entrée et les bases de piliers du chœur sont des vestiges de l'église romane, c'est sans doute que l'église renaissance a conservé la longueur de cette ancienne église. Peut-être les bâtisseurs de la nouvelle église ont-il voulu compenser ce choix en l'élargissant autant qu'ils le pouvaient.

Une autre hypothèse peut également être proposée : si l'on en croit l'abbé Parat, l'église Saint-Germain de Vault-de-Lugny aurait pu constituer le modèle de Provency. Or, tout en étant deux fois plus vaste que Provency, Vault-de-Lugny présente exactement le même rapport entre longueur et largeur que Provency.

Ce qui frappe également le visiteur qui connaît l'église de Vault-de-Lugny, c'est la similitude dans le style architectural des deux bâtiments. Les piliers sont massifs, décorés de faux joints peints. Ils se fondent sans interruption dans les nervures des voûtes : les chapiteaux qui marquaient la transition entre la colonne et la voûte ont disparu. L'art flamboyant cherche ainsi à introduire une esthétique nouvelle. Du côté du portail se trouvent des piliers ondulés de forme losangique, classiques de cet art nouveau. A l'opposé, près du chœur, sont deux colonnes cylindriques reposant sur des bases à griffes, qu'on peut rattacher à l'église romane. Enfin, bien que le second pilier à droite, de section vaguement quarrée, se rapproche du style des piliers losangiques, il repose quant-à lui sur une base à griffe.

Plus on progresse vers le chœur, lieu le plus sacré de l'église, et plus les voûtes sont travaillées. Les premières travées de la nef et des collatéraux sont voûtées en simple croisée d'ogive. La troisième travée de la nef et la chapelle latérale font apparaître des nervures supplémentaires : liernes et tiercerons. Les chapelles des collatéraux possèdent une voûte à nervures multiples, avec quatre clés de voûte. Enfin, la voûte de la quatrième travée de la nef, qui surplombe le chœur, est la plus ornementée. L'abbé Parat écrit : Le sanctuaire a sa voûte couverte de nervures prismatiques qui simulent une rosace à feuilles de trèfle.

On constate l'absence de fenêtres hautes au dessus des grandes arcades, conséquence du choix d'une toiture unique. Les collatéraux sont éclairés par les baies ogivales, tandis que la nef est éclairée par la grande baie du chœur et la fenêtre haute au dessus du portail.

En se retournant vers le portail, on note la présence de deux fortes consoles, et d'un angelot sculpté situé sous celle de gauche. La présence d'une tribune disparue, à laquelle on accédait par le clocher, est attestée dans la visite de 1671. Elle était peut-être destinée à accueillir des chantres pour les grandes messes.

Dans la nef se trouve la sépulture des époux Chappotot, Lazare et Denise, de 1605, dont une inscription sur le premier pilier gauche à l'entrée, relate une fondation de messe par les héritiers en 1666 .

Les sculptures

L'église de Provency ne brille pas par la profusion de ses sculptures. Outre l'angelot de la tribune, on peut noter à droite du chœur un pélican. Au Moyen-Age, le pélican était un symbole christique : on croyait en effet que le pélican nourrissait ses petits de son propre sang, comme le Christ a versé son sang pour sauver les hommes. A gauche du chœur, un cul-de-lampe représente une femme tenant un livre.

Mais les sculptures les plus intrigantes se trouvent sur les colonnes proches du chœur. Sur la colonne de gauche, on trouve l'esquisse d'un visage rond, dans un style naïf qui évoque un dessin d'enfant. Sur la colonne de droite, la curieuse sculpture tricéphale témoigne d'un art mieux maîtrisé.

Les fonds baptismaux

Dans le collatéral droit, on peut admirer des fonds baptismaux creusés dans un bloc octogonal, dont la date de 1577 est gravée sur le côté.

Sous la plaque commémorative des morts de la Grande Guerre, se trouvent d'autres fonds baptismaux, eux aussi octogonaux, qui datent probablement du XIX° siècle, comme en témoigne le travail "moderne" de la pierre sciée et non plus taillée. On note la présence de quatre compartiments : l'un pour l'eau bénite, l'autre pour son évacuation après chacune des trois aspersions. On pouvait placer l'huile sainte et le sel dans les deux derniers emplacements.

Beaucoup de fonts baptismaux ont huit côtés pour rappeler la nouvelle création. La nécessité de les couvrir et même de les fermer à clefs, pour empêcher tout blasphème et éviter un usage abusif de l'eau bénite qu'ils contiennent, était fréquemment rappelée aux synodes.

Les chapelles

Selon l'abbé Parat, la chapelle seigneuriale abritait la sépulture de Jehan de Sainte-Maure, seigneur d'Origny, une famille connue de la région. La pierre tombale est aujourd'hui placée vers l'entrée de l'église. Sur le montant gauche de l’arc figure la date de 1552.

Chapelle de Notre-Dame de Bon-Repos, avec la statue de la Vierge de Marcilly, en pierre et datant du XVI° siècle.

Les vitraux
  • Vitrail du “Miracle de Notre-Dame”, don de la famille Piot-Gariel
  • Chapelle Nord : Souvenir des noces d'or - 18 décembre 1891
donateur : famille Piot-Gariel ? - thème du Sacré-Coeur de Jésus
  • Vitrail du chevet : Atelier Lobin, Tours 1877
Atelier de peinture sur verre animé de 1848 à 1904 par les peintres et verriers Lobin.
L'atelier Lobin a pris la suite de la Manufacture de vitraux peints de Tours
  • Sanctus Symphorianus : saint patron de l’église, originaire d'Autun
  • Sanctus Petrus : saint Pierre
  • Sancta Bathildis : reine mérovingienne de Neustrie et de Bourgogne, elle soutenait l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre.
  • Sanctus Ferdinandus : Ferdinand III de Castille (1199-1252) Son action contre les Maures lui vaut d'être canonisé en 1671. On reconnaît les armes de Castille et de León.
Les pierres tombales

Du XVII° et XVIII° siècle, elles portent les noms des familles nobles ou riches de la région.

Annexes

Projet de construction d'une flèche

En 1834 : projet de construction pour 3200 francs d'une flèche sur la tour de l'église, réparation des combles et vitreries (SAM_5695.JPG)

couverture en tuiles à 60° (?), trop raide et le vent fait tomber des tuiles. On souhaite remplacer par du zinc.
devis de Edme Tircuit, architecte : clocher de 10 m de hauteur, avec un pavillon tronqué de 2m85 de hauteur incliné à 60° (?), surmonté d'une flèche octogone de 2m de diamètre à sa base sur 7m15 de hauteur, et d'une croix en fer de 4m de hauteur et d'un coq en zinc de 70cm. Globe de 70 cm ???

Les représentations tricéphales

Voir ce site

A partir du début du XVIe siècle, on voit apparaître en sculpture ou sur des vitraux, de nombreux personnages tricéphales qu'on peut interpréter comme des symboles trinitaires.

Convoqué en réponse aux critiques de la Réforme, le concile de Trente, achevé en 1563, a réaffirmé la légitimité de l’exposition et de la vénération des images, mais il a également mis en garde contre les abus et les pratiques superstitieuses.

C'est dans ce contexte que Jan Vermeulen ou Jan van der Meulen, dit Molanus, théologien catholique, publie à Louvain le "Traité des saintes images" en 1570. Dans cet ouvrage, il dénonce notamment la représentation de la trinité avec un visage de face et deux de profil.

Les représentations trinitaires de ce type, considérées par certains théologiens comme impossibles dans la nature et donc monstrueuses, vont être interdites par URBAIN VIII en 1628, cette condamnation étant confirmée par BENOÎT XIV au milieu du XVIII° siècle.

Plan d'accès

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Galerie photos