Conférence de Guillaume Grillon du 2 mars 2018

De Parvis de Bourgogne
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Les monuments funéraires de la Bourgogne Ducale (du XIIe au XVIe siècles)

Guillaume GRILLON
Docteur en histoire, ingénieur de recherche à l’Université de Bourgogne-Franche-Comté – MSH de Dijon
Chercheur associé à l’UMR 6298 ARTEHIS



Le monument funéraire a longtemps été négligé par les historiens. Comme les obituaires et les testaments, il révèle autant la relation du défunt à la mort que la gestion de sa mémoire par ses héritiers. Cette communication montre d’abord la richesse du mobilier funéraire médiéval de la Bourgogne ducale. À la diversité typologique s’ajoute la richesse de l’iconographie avec l’importance du nombre de monuments à effigies. Ces tombes matérialisent une sépulture de prestige.

Conf G Grillon - Ponce de Saulx 1.JPG

À l’origine réservée aux grands prélats et aux princes, l’inhumation ad ecclesiam s’étend progressivement à l’aristocratie féodale puis aux bourgeois. La localisation et la matérialisation de la sépulture par un monument reflètent aussi l’évolution de la piété médiévale. Les données épigraphiques et l’iconographie indiquent la mutation d’une piété « gothique » vers une piété plus flamboyante. Mais la volonté de transmettre une mémoire est un souci au moins aussi important que celui du salut de l’âme. Malgré une typologie complexe et une évolution formelle constante, le monument funéraire médiéval conserve une ligne directrice fondée sur la memoria du défunt. Il trahit cependant des stratégies tant sociales que sotériologiques. D’une part, il reflète son auctoritas, et par-delà, celle de son groupe social. D’autre part, il participe activement à son accomplissement spirituel.

Conf G Grillon - Ponce de Saulx 2.JPG

Les deux visuels représentent une dalle funéraire au prieuré de Bonvaux à Ponce-de-Saulx en Côte-d'Or. La dalle est datée de 1307.